Françoise Bouchet Saulnier a consacré 35 ans de sa vie à mettre ses connaissances juridiques à l'épreuve de leur application concrète au service de l'action humanitaire de Médecins Sans Frontières, dans des pays en conflit ou confrontés à d'autres situations d'urgence. Ce faisant, elle a acquis une expertise opérationnelle en droit international humanitaire qui va bien au-delà des simples connaissances théoriques.
Ces connaissances ont été enrichies par son implication directe en tant que conseillère juridique puis directrice juridique de MSF dans diverses zones de conflit, ainsi que par sa gestion sur le terrain, aux côtés des équipes opérationnelles, des nombreux défis et dilemmes rencontrés par les interventions médicales et humanitaires de MSF de 1991 à nos jours.
Le Dictionnaire pratique du droit humanitaire a été élaboré pour répondre aux problèmes et dilemmes concrets et récurrents rencontrés par les équipes de terrain dans les situations de conflit armé et autres situations d’urgence. Pour chaque problème concret, le dictionnaire fournit un aperçu du cadre juridique international applicable, permettant aux responsables opérationnels de comprendre les enjeux juridiques et opérationnels concernant les populations et les personnes vulnérables, la marge de négociation et les arguments valables ou abusifs avancés par les dirigeants politiques ou les chefs armés concernés, ainsi que la validité des arguments pouvant être utilisés par les acteurs de secours.
Ce dictionnaire a été conçu pour servir d’outil de base aux responsables opérationnels humanitaires. Il contient les éléments juridiques nécessaires pour éclairer leurs décisions et leur permettre d’agir de manière défendable, responsable et éthique dans des environnements dérégulés et violents. Il fournit les bases d’un dialogue exigeant et d’une communication légitime avec les responsables politiques et militaires ainsi qu’avec les opinions publiques concernées par les situations de crises et de conflit.
Le droit international humanitaire est présenté comme un outil au service de l'action humanitaire, évitant ainsi le piège légaliste qui consiste à subordonner l'action à une interprétation restrictive du droit. La priorité absolue des acteurs humanitaires doit rester de prendre le risque d'agir de manière pertinente et légitime, sans chercher à respecter à la lettre toutes les normes ni à écarter tout risque juridique potentiel.



