Dictionnaire pratique du droit humanitaire

« Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde. » Albert Camus.

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Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)

En 1992, l’Assemblée générale des Nations unies a demandé au secrétaire général d’organiser la coordination des agences des Nations unies en matière d’assistance humanitaire. En réponse, le secrétaire général a créé un nouveau département au sein du secrétariat général : le Département des affaires humanitaires (DAH), remplacé en 1998 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA, Office for the Coordination of Humanitarian Affairs).

Mandat

OCHA a pour base juridique la résolution 46/182 de l’Assemblée générale en date du 14 avril 1992 qui créait le DAH. Son mandat est de mobiliser et de coordonner la réponse de la communauté internationale, et en particulier des agences de l’ONU aux « urgences humanitaires complexes » (les crises politiques et conflits) et aux désastres naturels (tremblements de terre, inondations, cyclones) ou technologiques (Tchernobyl). OCHA étudie aussi les mécanismes possibles de prévention et de préparation aux désastres, notamment pour combler les lacunes existantes dans les mandats de protection et d’assistance des autres agences. OCHA reprend en fait les activités de base du DAH, mais les activités opérationnelles sont redistribuées entre les autres organes et agences spécialisés des Nations unies.

La résolution rappelle que la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale des États doivent être respectées en accord avec la Charte de l’ONU et que, dansce contexte, l’assistance humanitaire devrait être fournie avec le consentement du pays concerné et en principe, comme en pratique, sur la base d’une demande formelle du pays affecté.

OCHA a trois missions principales :

  • aider le secrétaire général de l’ONU à faire en sorte que les questions humanitaires soient traitées, notamment celles qui n’entrent pas dans le mandat spécifique des agences de l’ONU comme l’assistance et la protection des personnes déplacées ;
  • défendre les questions humanitaires devant les organes politiques, en particulier auprès du Conseil de sécurité ;
  • coordonner la réponse humanitaire en s’assurant que les mécanismes appropriés sont créés.

OCHA est aussi responsable :

  • du contrôle et de l’alerte rapide sur des crises ayant des conséquences humanitaires ;
  • de défendre les principes de droit humanitaire et de droits de l’homme en collaboration avec le haut-commissaire aux droits de l’homme ;
  • de centraliser les informations et analyses avec le réseau intégré d’informations régionales (IRIN, Integrated Regional Information Network) et le site Internet relief web ( www.reliefweb.int ) ;
  • de s’assurer des plans d’urgence et de l’évaluation des besoins au travers des missions des agences opérationnelles de terrain ;
  • d’organiser des appels de fonds consolidés ;
  • de faciliter l’accès des organisations opérationnelles sur les lieux où l’assistance est requise ;
  • de gérer le fonds de roulement pour les secours d’urgence ;
  • d’assurer, le moment venu, le glissement de l’aide d’urgence vers l’aide à la réhabilitation en renforçant la capacité de consolidation de la paix dans les périodes post-conflits avec le Département des Nations unies pour les affaires politiques.

Structure

OCHA n’est pas une institution spécialisée autonome mais un département du secrétariat général de l’ONU. Il est dirigé par le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies (Stephen O’Brien depuis juin 2015) qui est aussi coordonnateur de l’aide d’urgence ( Emergency Relief Coordinator , ERC) pour les Nations unies. Ce dernier est basé à New York, mais OCHA dispose également d’un siège à Genève, de huit bureaux régionaux et maintient une présence dans 30 pays. En 2013, OCHA employait 1 900 personnes à New York, à Genève et sur le terrain et avait proposé un budget de 270 millions de dollars. 95 % de cet argent provient des contributions volontaires des États. Le reste des fonds est principalement alimenté par le budget régulier de l’ONU.

En janvier 2002, une unité pour les déplacés internes a été créée au sein d’OCHA. Elle a été transformée en division inter institutions pour les déplacements internes (Inter-Agency Internal Displacement Division) en juillet 2004. Composée d’unedizaine de personnes principalement détachées par des organismes des Nations unies, elle est dirigée par un haut fonctionnaire de l’ONU. Cette division est basée à Genève, dans les locaux d’OCHA et dispose également d’une représentation à New York. Elle n’est pas directement opérationnelle. Son rôle consiste à mobiliser les agences des Nations unies afin de répondre aux besoins d’assistance et de protection des déplacés. Elle s’appuie sur le réseau des coordonnateurs résidents et des coordonnateurs pour les questions humanitaires des Nations unies sur le terrain et travaille de façon étroite avec le représentant du secrétaire général de l’ONU pour les déplacés.

Mettant à profit le succès de l’ancienne Division inter-agences sur les déplacements internes, un Service d’appui chargé des déplacements et de la protection (DPSS) a été créé en 2007. Trois priorités ont été identifiées pour le DPSS en 2009 en collaboration avec les bureaux terrain, les équipes pays et les groupes sectoriels mondiaux dans les domaines de la protection, de la coordination et de la gestion des camps, et du redressement rapide. Premièrement, soutenir le groupe sectoriel redressement rapide dans la mise en œuvre de son mandat en matière de suivi et de renforcement de la réponse inter-agences au déplacement interne. Deuxièmement, soutenir la mise en œuvre des instructions d’OCHA en matière de protection au niveau international comme local et renforcer la capacité de l’agence à intégrer la protection à son cœur de métier. Enfin, entretenir et renforcer la capacité inter-agences à répondre aux crises marquées par des enjeux de protection, et ce tout particulièrement en situations de déplacement interne, à travers l’initiative ProCap ( Protection Standby Capacity Project ).

Moyens

La coordination est assurée par l’intermédiaire d’un comité permanent interorganisations (Inter-Agency Standing Committee, IASC) qui se réunit une fois par semaine et à tout moment en cas d’urgence. Celui-ci comprend, sous la direction du secrétaire général adjoint/coordonnateur des secours d’urgence, les agences des Nations unies intervenant dans les urgences humanitaires (PNUD, UNICEF, HCR, PAM, FAO, OMS, OMI), le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour les personnes déplacées, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et la Banque mondiale. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ainsi que plusieurs coalitions d’ONG participent également aux réunions du comité.

Pour coordonner les réponses humanitaires dans un pays donné, OCHA travaille en étroite collaboration avec le coordinateur résident des Nations unies dans ce pays (souvent le représentant résident du PNUD), désigné pour coordonner les autres agences des Nations unies sur le terrain, et avec les coordonnateurs de l’ONU pour les questions humanitaires.

Un système de réponse en cas d’urgence est opérationnel 24 heures sur 24 à Genève, et peut bénéficier du personnel d’autres agences ou organes des Nations unies aussi bien que du personnel militaire ou de la défense civile fourni par différents pays.

  • L’équipe des Nations unies d’évaluation et de coordination des désastres, initialement créée pour les désastres naturels, est de plus en plus utilisée pour des urgences dites complexes. Cette équipe est constituée d’experts nationaux de l’urgence.
  • Il existe un entrepôt de matériel de secours à Brindisi (Italie).
  • D’autres arrangements existent pour la mobilisation de supports informatiques, par exemple dans les transports, les télécommunications et autres infrastructures.
  • Le mécanisme d’appel de fonds consolidés est clairement créé dans le but d’établir des priorités pour les organisations humanitaires dans le pays donné. Bien que la plupart des appels soient lancés sur une base annuelle, OCHA fait aussi des appels « flash » pour des urgences précises. Il s’agit d’un système de financement direct permettant une réponse rapide, alimenté par les contributions volontaires des États et remboursé par des appels de fonds.

Relations avec les ONG

Le CICR et la FICR sont membres de plein droit du comité permanent interorganisations (IASC). Les autres ONG sont invitées de façon ad hoc selon la nature de chaque opération de secours. Plusieurs coalitions d’ONG, dont Interaction et le Conseil international des agences bénévoles (ICVA), sont membres permanents de l’IASC. Par ailleurs, OCHA demande la collaboration des ONG pour fournir les informations nécessaires à la base de données concernant les besoins et les stocks de matériel humanitaire disponibles.

FAO : Food and Agriculture Organization (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture)Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR)UNICEF - Fonds des Nations unies pour l’enfanceOrganisation mondiale de la santé (OMS)Programme des Nations unies pour le développement (PNUD)Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (UNHCHR)-Conseil des droits de l’homme de l’ONU (et Comité consultatif)Croix-Rouge, Croissant-RougeSecours .

Contacts

Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)

Nations unies

New York, NY 10017 / USA

Tél. : (01) 212 963 12 34/Fax : (01) 212 963 13 12.

Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)

Palais des Nations, Genève

CH 1211 Genève 10 / Suisse

Tél. : (41) 22 917 12 34/Fax : (41) 22 917 00 23.

http://www.unocha.org/

http://reliefweb.int/

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